• Acte de naissance de la Branded Content Marketing Association France

    Très fier d’annoncer aujourd’hui la composition du bureau du chapitre Français de la Branded Content Marketing Association, (l’organisme international de référence présent dans 18 pays) : indépendants, groupes internationaux, agences de communication, PR, agences medias, publishers, créatifs, régies, plateformes, tech, data, journalistes, sociétés de production… : toutes les sensibilités et les configurations business y seront représentées. Notre objectif : permettre à tous les professionnels du contenu d’apprendre ensemble et de partager avec passion ! Les adhésions à l’association BCMA France sont à présent ouvertes sur www.bcmafrance.com ! Rejoignez-nous !

     

    CB News : https://www.cbnews.fr/conseil/image-bcma-association-francaise-du-contenu-marque-se-structure-46861

     

    OffreMedia : https://www.offremedia.com/la-representation-francaise-de-la-bcma-branded-content-marketing-association-se-structure-et

  • Nos données ne sont pas un produit de luxe / Tribune dans Stratégies 9 Mai 2019

     

    La vie privée est largement reconnue comme un droit humain fondamental qui est, dans de nombreux pays, légalement protégé. Alors, pourquoi avons-nous le sentiment qu’à l’ère numérique, notre vie privée est menacée, et parfois qu’elle a disparu ?

     

    Vie privée et confidentialité des données

    Pour comprendre le droit à la vie privée, il est important de faire une distinction entre la notion traditionnelle de « vie privée » et celle de « confidentialité de nos données ». À l’ère pré-numérique, la vie privée était un concept lié à la présence physique et aux communications privées. On pouvait garder pour soi des informations, et si on choisissait de les partager avec une institution, publique ou privée, celle-ci devait en assurer la sécurité. A l’ère numérique, tout ce que nous faisons est facilement quantifiable et traçable. Nos données, qu’on désigne désormais comme « le nouveau pétrole de l’économie numérique », sont numérisées et soigneusement collectées.

     

    Le partage de nos données est le prix à payer pour prendre part à l’économie numérique du XXIe siècle. D’un côté, les entreprises obtiennent des informations précieuses sur leurs publics et, de l’autre, les consommateurs accèdent, dans la plupart des cas, à un service (gratuit). En principe, tout le monde profite de cet échange. Sauf que cela fonctionne rarement ainsi. Pire encore, cela nuit souvent aux avantages pour le consommateur et à l’expérience de la marque.

     

    L’échange données-service déséquilibré

    Nombreuses sont les entreprises qui rassemblent chaque jour des myriades de données sur leurs utilisateurs, bien souvent au détriment de leur vie privée. Mais très peu d’entre elles sont capables d’exploiter cet énorme volume d’informations pour ensuite développer des produits et services qui profitent réellement aux consommateurs. De fait, du point de vue de ces derniers, cette collecte excessive, généralement formalisée dans les conditions générales d’utilisation, longues et rédigées dans un jardon juridique, n’offre aucun avantage tangible. L’échange données-services est toujours fortement en faveur des géants de la technologie.

     

    La plupart du temps, le déséquilibre se manifeste par une expérience utilisateur médiocre : les consommateurs reçoivent des recommandations non pertinentes. Dans certains cas extrêmes, ils peuvent causer un réel préjudice émotionnel, comme dans le cas de cette femme qui recevait sans cesse des publicités pour des produits infantiles après l’accouchement de son bébé mort-né.

     

    Les consommateurs devraient être les propriétaires de leurs propres données et avoir le dernier mot quant à celles qu’ils choisissent de partager. La protection de la vie privée ne devrait pas seulement être un droit individuel, mais aussi un bien commun, accessible à tous. La perte de la confidentialité des données serait alors une tragédie et non une anecdote inévitable. Afin de sortir de cet échange données-services déséquilibré, il faut cesser de penser que tout sur Internet devrait être gratuit, et peut être payer pour garder nos données personnelles confidentielles.

     

    La confidentialité de nos données, un produit de luxe

    Aujourd’hui, seuls ceux qui ont les moyens de payer pour des services haut de gamme et sans publicité peuvent échapper à la collecte de données. D’autant qu’il est presque impossible de ne pas utiliser ces services numériques fournis par les géants de la technologie.

     

    On a ainsi appris récemment que Facebook payait 20 dollars par mois aux Etats-Unis des jeunes utilisateurs pour qu’ils le laissent tracker leurs activités. Mettre un prix sur la confidentialité des données devrait être directement lié à la valeur générée par les données, et non pas être arbitrairement défini par une entreprise de technologie.

     

    Apple est peut-être la seule exception : la confidentialité des données est même devenue pour eux un argument de vente essentiel, et une justification partielle de leurs prix élevés. Apple profite de l’érosion de la confiance du public dans d’autres GAFAM.

     

    Comment restaurer l’équilibre ?

    Tout d’abord, les marques peuvent adopter une politique de collecte de données davantage axée sur le consommateur. Il convient de collecter uniquement les données souhaitées et lier chaque donnée à un avantage tangible redonné aux consommateurs.

     

    Plus important encore, les marques ont la possibilité de comprendre leurs utilisateurs via des plateformes qu’elles-mêmes peuvent créer. Elles collectent ainsi des données non personnelles qui, une fois agrégées, reflètent directement ce que veulent les consommateurs. C’est une tactique que de nombreuses marques de vente directe au consommateur ont déployée avec succès.

     

    La transparence est également un facteur important : les marques doivent éviter tout jargon juridique dans leurs politiques de confidentialité, expliquer clairement pourquoi elles collectent des données et demander des consentements explicites.

     

    Il y aura toujours une place dans l’économie numérique pour les modèles financés par la publicité, et l’échange données-services est certainement voué à perdurer. Mais on trouvera probablement bientôt les moyens de mettre un frein aux pratiques discutables des géants de la technologie. En tant que spécialistes des marques, nous nous devons de comprendre parfaitement les défis liés à cette question complexe et de guider nos clients dans la collecte et la sécurisation des données sur les consommateurs de manière respectueuse et éthique, sous peine de tomber dans les pièges du capitalisme de surveillance.

     

     

     

     

  • Comment les marques s’approprient-elles les cultures urbaines ?

    J’étais l’invité de L’Hebdo Com le 6 avril sur BFM Businesshttps://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/le-zoom-cultures-urbaines-quelle-influence-sur-les-marques-0604-1152320.html
    Il faut avant tout savoir que les cultures urbaines, ce sont des cultures qui émergent des villes. Ensuite, celles-ci sont qualifiées de communautés qui se rejoignent par rapport à des symboles ou à des pratiques sportives et artistiques. Aujourd’hui, on peut dire que les cultures urbaines sont démocratisées et ces dernières fascinent beaucoup les marques, notamment de luxe. Quelles en sont les raisons ? Comment les marques s’approprient-elles les cultures urbaines ? Quid de leur crédibilité ?

  • Tribune / Coup de gueule : à quoi ressemblera le publicitaire de 2020 ?

     

     

    “Haut les coeurs. Ce n’est pas la première fois que les grands groupes et leurs collaborateurs sont mis au défi de la réinvention. Ils n’ont en réalité pas cessé d’évoluer, de transformer leurs expertises comme leurs modèles, en s’engageant sur tous les fronts du marketing moderne. Et pendant ce temps, les sociétés de conseil ont acheté des agences, tandis que les GAFA ont cherché à établir des liens avec le monde réel. A y regarder de plus près : ce sont les autres, les nouveaux entrants, qui courent après les grands groupes”.

    Tribune écrite avec mon ami le DR Vincent Balusseau, Professeur associé à Audencia Business School, à lire ICI

  • La technologie au bénéfice de la créativité (Tribune)

    L’intelligence artificielle et plus largement l’innovation technologique ne font pas qu’augmenter le terrain de jeu de la créativité, elles le transforment, et c’est une excellente nouvelle.

    C’était en mai 1997. Le champion d’échecs Gary Kasparov était vaincu par un programme, Deep Blue. Vingt-et-un ans plus tard, l’intelligence artificielle guide nos choix et notre consommation, et la mort de la créativité est annoncée, comme s’il fallait choisir. On soupire volontiers la fin des agences, la fin des grandes campagnes ; nos cibles restent, elles, bien humaines. Nous entrons dans le « second âge des machines », tel que l’ont défini les économistes Brynjolfsson et McAfee : après avoir aidé l’être humain à se dépasser physiquement, nous allons dépasser nos limites intellectuelles. Et le moment où l’intelligence artificielle va pénétrer toutes les couches de l’économie est tout proche, selon Laurent Alexandre.

    Pour les communicants en tout genre, c’est une opportunité massive qui émeut plus les start-up que les agences. La technologie nous offre un réservoir de nouveaux consommateurs quasiment inépuisable. Grâce aux données et à leur traitement, il n’existe pas de produit qui ne puisse trouver son marché, si celui-ci existe. Aux communicants d’aller adresser ce marché, qui sera diffus géographiquement, éthniquement, mais réel.

    Un même produit ou service peut déjà faire l’objet de créations différentes pour adresser des catégories différentes. Une même marque pourra dorénavant adresser tout le monde. Quand on peut cibler dans le détail extrême, on n’a plus peur de « dérouter » le troisième âge avec un contenu disruptif, novateur, voire offensant. La technologie offre des outils qui permettent de faire disparaître à jamais le cadavre de la pub consensuelle, et souvent incolore et inodore.

    « Quantity becomes quality »

    Bientôt, il sera possible de passer du temps sur la création biologique, grâce aux cerveaux connectés par Elon Musk. Grâce aux données recueillies sur notre sommeil via un bracelet connecté, on pourra également intervenir sur les rêves. Au-delà des questions éthiques que cela soulève, il faudra s’intéresser à la création associée à ces nouveaux points de contact.

    En attendant, la technologie permet de traiter plus de données qu’aucun cerveau. « Quantity becomes quality », a commenté le champion d’échecs pour expliquer les compétences de Deep Blue. Des robots de plus en plus intelligents vont nous aider à prendre des décisions de plus en plus compliquées, remplacer des métiers à faible et à forte valeur ajoutée. Parmi les métiers qui seront les plus difficiles à remplacer, selon l’université d’Oxford, ceux touchant à la créativité et à l’intelligence des situations humaines.

    La publicité est l’art de faire appel aux émotions. En économie de marché, la concurrence oblige à créer de l’attachement à la marque pour se distinguer. Tant que nous continuerons de nous adresser à des humains qui ressentent des émotions décisives, il faudra se montrer plus créatif que ses concurrents. Créer de l’empathie, réfléchir à l’émotion est un travail inépuisable. Les consommateurs/citoyens sont désormais 65% à faire confiance aux grandes entreprises pour « améliorer l’état du pays », selon un sondage Opinionway pour Eclosion.

    À l’heure de l’algorithme démiurge, jamais les émotions et la prise sur le monde n’ont eu un rôle aussi important dans l’acte de consommation. Elles font et défont une marque, une cause ou une communauté en quelques heures. Dans une tribune publiée à l’occasion des vingt ans de sa « défaite », Kasparov écrivait : « Les machines intelligentes vont continuer d’avancer (…) nous permettant d’orienter nos vies intellectuelles en les consacrant à la créativité, à la curiosité, à la beauté et à la joie. » Tous les métiers de la communication seront impactés par la technologie ; le premier défi des marques sera alors de mettre la créativité au service des consommateurs.

     

    Tribune à lire http://www.strategies.fr/blogs-opinions/idees-tribunes/4012805W/la-technologie-au-benefice-de-la-creativite.html et dans le magazine Stratégies Spécial tech daté du 24 Mai 2018