• L’image du jour 27 mai : WarGames version 2014

    Depuis deux ans, la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), l’agence de renseignement américaine spécialisée en innovation technologique à but militaire – connue notamment pour avoir donné naissance au réseau Arpanet, devenu plus tard Internet – travaille sur un moyen de rendre la guerre cybernétique aussi simple qu’un jeu vidéo.

    L’agence a annoncé expérimenter avec le masque Oculus Rift. Cette technologie, récemment achetée par Facebook pour 2 milliards de dollars permet de s’immerger totalement au sein d’un contenu. DARPA offre ainsi à ses agents une nouvelle manière d’approcher la guerre… en 3 dimensions. Ce nouveau système, au nom de code mystérieux (Plan X) et prévu pour 2017 permet de naviguer à l’intérieur de la data et ainsi d’être totalement plongé dans le code.

    Une approche, qui bien qu’encore encore conceptuelle laisse augurer des choses impressionnantes et qui permettrait également d’approcher de jeunes hackers qui selon un officiel de cette Agence “grandiront avec des Oculus greffés sur le visage” et de les transformer en cyberespions. Cela vous rappellera sans doute le film WarGames sorti en 1983 !

    “L’Image du Jour” sur France Info le 27 mai 2014. Retrouvez-moi chaque semaine dans la matinale de Fabienne Sintès et dans l’Hyper Revue de Presse d’Olivier Emond.

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  • L’image du jour 20 mai : On a élu Skynet au conseil d’administration

    Les robots sont désormais partout ! Dans nos maisons, accrochés à nos poignets, dans nos voitures et désormais ceux-ci investissent un endroit où toutes les décisions sont prises : les directions des entreprises.

    La société hongkongaise Deep Knowledge Ventures, ou DKV, a nommé un algorithme à son conseil d’administration. Nomination compréhensible quand on sait que cette société a comme coeur de métier les investissements en capital risque dans des secteurs comme la santé.

    Ce robot, dont l’analyse est (théoriquement puisqu’artificlelle) totalement objective repose sur une étude des chiffres la plus rationnelle possible, qui viendra équilibrer la balance avec les “simples humains” siégeant eux aussi au Conseil d’Administration de cette société…

    Une info reprise par La Tribune.fr, l’ADN, et qui était aussi le sujet de ma chronique hebdo “L’Image du Jour” sur France Info le 20 mai 2014. Retrouvez-moi chaque semaine dans la matinale de Fabienne Sintès et dans l’Hyper Revue de Presse d’Olivier Emond.

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  • L’image du jour 13 mai : Le masque qui rend invisible

    Leo Saelvaggio est un artiste qui s’intéresse à la relation entre le corps, l’identité et la technologie. Ses travaux l’ont amené a créer un objet d’un nouveau genre : un masque en silicone, à son effigie, épousant parfaitement votre visage et vous rendant invisible, puisqu’à son image… Aux yeux des caméras de surveillance vous ne serez plus ainsi plus reconnaissables. Le principe est simple : quand vous portez ce masque les caméras vont ainsi tracker un faux visage et vos actions publiques seront attribués à l’artiste lui-même.

    Il est vrai que l’explosion des systèmes de reconnaissance faciale a créé un mouvement, en réaction à ce type de mesures jugées comme liberticides. Mais quid des activités criminelles sous une fausse identité ?

    Ce sujet fait écho au débat actuel sur l’anonymat… Débat dont nous avions déjà discuté sur France Info avec l’histoire de cette femme enceinte qui avait décidé de cacher sa grossesse à Internet en se coupant de toute activité, au point d’être suspectée par les autorités.

    C’était le sujet de ma chronique hebdo “L’Image du Jour” sur France Info le 13 mai 2014. Retrouvez-moi chaque semaine dans la matinale de Fabienne Sintès et dans l’Hyper Revue de Presse d’Olivier Emond.

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  • L’image du jour du 6 mai : Le futur en 3D

    L’imprimante 3D est sûrement un des sujets les plus à la mode du moment. Un de ces buzzwords qui fait lire, liker et tweeter les influenceurs. Mais ce concept n’a rien de nouveau et tire son essence de très loin. En effet, « imprimer » et « reproduire » des objets à partir d’une matière brute est un fantasme absolu, qui se rapproche de la création divine. Il est fascinant de se rappeler que dans la Bible, Dieu crée par exemple l’homme en le « reproduisant », se « copiant » à partir d’une matière brute : de l’argile (« Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme » – Génèse 1,26-27).

    Ce fantasme de « reproduction » parfaite d’objets voire d’êtres vivants est resté un fantasme récurrent présent dans bon nombre de mythologies. Plus près de nous, l’inventeur et auteur de science fiction Arthur C. Clarke parlait d’une « machine à répliquer » dès les années 60 et en terme prophétique d’une machine capable de « répliquer les objets comme on imprimerait des livres ». En 1972, une œuvre de fiction consacre même à ce fantasme un long-métrage entier : « Tintin et le Lac aux requins », dans lequel le professeur Tournesol inventait une sorte de photocopieur en trois dimensions capable de reproduire n’importe quel objet. Rastapopoulos tentait de s’emparer de l’appareil afin de reproduire des œuvres d’art et des objets dangereux.

    Dès les années 80, cette évolution technologique semble à portée de main. Certains voient dans l’avènement de l’impression 3D une troisième révolution industrielle. Selon bon nombre d’experts le développement de cette technologie pourrait même faire revenir la production dans les pays industrialisés et riches, la main d’œuvre étant quasiment devenue obsolète.

    De nombreuses marques ont pris le pas et ont commencé à introduire l’impression 3D dans leurs problématiques, c’est notamment le cas de Disney qui donne désormais la possibilité d’imprimer… des peluches.

    Mais au-delà de cette réalité, il est intéressant de se souvenir que l’imprimante 3D rappelle certains des fantasmes technologiques les plus fous. Comme les voyages dans le temps ou les voitures volantes, dont tous les prévisionnistes de tous poils nous assuraient que les villes en seraient remplies dès « l’an 2000 ».

    Ces fantasmes technologiques sont tous nés de la fiction, de la religion et de la mythologie (les voitures volantes des œuvres de science fiction, les voyages dans le temps de bon nombre de textes sacrés et de livres). Tout comme l’aviation est née du mythe d’Icare. Le futur et le progrès ont toujours été marqués par la culture. Il existe un vrai déterminisme culturel et mythologique sur les évolutions technologiques. Dans un livre brillant paru en 1978 Bertrand Méheust avance d’ailleurs une piste intéressante : il peut arriver que la dimension linguistique et imaginaire « mange » le réel. En prenant l’exemple des apparitions d’OVNIs, il explique en quoi les témoins d’une observation d’OVNI à une époque donnée seraient influencés par la référence culturelle et visuelle de la culture de l’époque. Ce seul référent explique en quoi la même observation évoque un bateau dans le ciel au XVIème siècle ou un appareil volant reprenant trait pour trait les œuvres de Jules Verne à la fin du XIXème siècle. Il semble que nous soyons de notre côté très profondément influencés par l’imaginaire très fort de la Science-Fiction… Ce livre pose la question de l’antériorité de la SF sur le phénomène des soucoupes volantes. Comment expliquer que Verne ou les auteurs des pulps au tout début du XXe siècle aient pu présenter avec tant de détails un phénomène qui n’apparaîtra que plusieurs années plus tard ?

    C’est la preuve que le futur et le progrès jusque dans ses évolutions technologiques viennent de la culture. Car la culture « crée ». Son étymologie en est d’ailleurs la preuve : culture vient du latin cultura qui signifie « l’action de cultiver la terre, de produire ». L’imaginaire est réel.

    [Vous pouvez réécouter l’émission ici

     >http://thomasjamet.com/IMG/mp3/Hyper_revue_de_presse_2_06-05-2014.mp3]

  • L’image du jour 30 avril : Je clique donc je suis.

    Vous avez peut être entendu cette histoire relayée par Slate.fr : une scientifique américaine – enceinte – a décidé de faire un test : cacher sa grossesse sur la toile. Tâche ardue que de disparaitre des internets… cela revient tout simplement à quitter l’ensemble des réseaux ou à ne plus utiliser les sites de paiements en ligne, et à s’éloigner de tous les signaux et données qui pourraient transmettre l’info « Je suis enceinte ». En effet, une recherche sur un site de recherche de prénom, ou une requête sur une marque de couche culotte sont autant de moyens de trahir son comportement.

    Résultat ? Cette approche de déconnexion totale (dont nous parlions dans nos Moxie Trends en début d’année) a été considéré comme un comportement suspect par les autorités ! Effectivement cette femme a, avec son comportement émis le signal d’une personne qui a quelque chose à cacher.

    Cette actualité pose la question de l’anonymat sur Internet ; l’immensité de datas que nous créons avec notre surf génère des clusters de données qui nous définissent et qui sont le terrain de chasse des marques et des géants d’internets. Les géants du Net militent d’ailleurs pour une identité unique :
    Facebook chasse les pseudonymes, Youtube rend l’identification obligatoire en nom propre pour commenter les vidéos…

    Bref, une vie totalement anonyme est de moins en moins possible sur Internet.

    C’était le sujet de ma chronique hebdo “L’Image du Jour” sur France Info le 30 avril 3014. Retrouvez-moi chaque semaine dans la matinale de Fabienne Sintès et dans l’Hyper Revue de Presse d’Olivier Emond.

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