• Sandy : la gamification de la fin du monde

    L’apocalypse et l’improbable se sont bel et bien installés dans notre paysage. Nous mettons en avant cette esthétique de la peur avec beaucoup de créativité comme si nous ressentions le besoin de nous représenter le danger de manière parodique pour en prendre conscience et l’éviter.

    Catastrophes, apocalypses, tremblements de terre… Vivre avec le danger, c’est avant tout y faire face et le transformer en esthétique. Rappelons-nous les évènements de Tchernobyl, de Fukushima ou encore le 11 septembre qui ont fait l’objet de multiples détournements et parodies.

    Le dernier épisode en date est l’ouragan Sandy, qui a menacé et touché la côté Est des Etats-Unis. En plus d’avoir coûté des milliards de dollars à l’économie américaine et d’être un casse-tête pour les candidats Obama et Romney, ces évènements ont démontré en quoi un phénomène naturel peut perturber le bon déroulement d’une civilisation occidentale lourdement équipée et technologiquement avancée. Mais Sandy a surtout montré le caractère hautement fictionnel de ce type d’évènements. Touchant New-York, ville de fiction par excellence, Sandy a déroulé un incroyable caractère scénaristique, notamment via les chaînes d’information en continu du monde entier présentant en direct l’avancée de l‘ouragan et du danger à grand renfort d’envoyés spéciaux.

    Mais là où la portée d’événements extraordinaires de cette nature était limitée auparavant par la technique et les médias, le digital les accélère et les rend plus palpables, créant un certain sentiment relayé en « live » avec une intensité inédite dans l’Histoire. Ces moments, dans leur nouvelle acuité, semblent faire tomber la frontière ténue entre fiction et réalité par le biais d’une médiatisation mondiale instantanée.

    Le storytelling de ce type d’événements, en favorisant leur diffusion, leur reprise, leur viralisation induit aussi leur parodie, comme s’il fallait dédramatiser, désamorcer un sentiment d’étrangeté et d’impuissance, créant une caisse de résonnance dont le thème est la fin du monde.

    Lire l’intégralité de la chronique ICI.

  • Ren@issance Mythologique élu essai le plus influent de l’année

    Les HUB AWARDS ont été décernés le 11 octobre dernier à l’occasion du HUBFORUM 2012, évènement ayant lieu chaque année à l’Espace Pierre Cardin, rendez-vous incontournable des experts digitaux, grandes agences, annonceurs & décideurs.

    Petit extrait du Communiqué de Presse de l’évènement :

    “Suite aux votes des internautes, un jury composé de 24 personnalités issues de secteurs variés du business, des médias et de la communication, s’est réuni, quelques jours avant le HUBFORUM pour choisir les lauréats des 4 prix suivants : Personnalité digitale de l’année 2012, Startup digitale influente de l’année, Essai de l’année, Guide digital de l’année. Un Prix spécial du jury – HUB AWARD d’honneur – a également été remis à l’occasion de cette nouvelle édition.

    Les nominés aux HUB AWARDS ont été sélectionnés selon des critères liés à leur influence et leur capacité à injecter de l’innovation dans leurs domaines respectifs. « Derrière chaque entreprise du numérique, chaque start-up, chaque livre sur le digital, se cachent un ou plusieurs hommes qui ont su, à partir d’une idée, d’un concept, d’une stratégie en termes de communication et de marketing, renouveler voire réinventer notre écosystème digital », déclare Vincent Ducrey, cofondateur du HUB Institute.”

    J’avais déjà eu l’honneur de voir mon premier essai “Ren@issance Mythologique” sélectionné, dans la même catégorie que l’excellent “Ils ont pensé le futur: web social, marketing, e-commerce…”, ouvrage collectif des personnalités prestigieuses comme Henri Kaufman, Pauline Duffour-Wargnier, Brice Auckenthaler, Yann Gourvennec, Hervé Kabla, Philippe Cahen, Emmanuel Fraysse, Xavier Wargnier et le très conceptuel et visionnaire “Jet-Lag” de Jean-Marie Dru, chairman de TBWA Worldwide.

    … et j’ai eu la chance d’être sélectionné et de figurer dans un palmarès très prestigieux :

    • Jacques-Antoine Granjon, HUB AWARD 2012 de la personnalité digitale de
    l’année

    • Gilles Babinet, Gilles Babinet, HUB AWARD 2012 d’honneur, prix spécial du
    jury

    • Melty.fr, HUB AWARD 2012 de la Startup digitale influente de l’année

    • «Ren@issance mythologique » de Thomas Jamet, HUB AWARD 2012 de
    l’Essai de l’année

    • « Les médias sociaux expliqués à mon boss » de Yann Gourvennec et
    Hervé Kabla, HUB AWARD 2012 du Guide digital de l’année

    Quelques photos de la remise des prix, aux côtés de Vincent Ducrey et Dominique Delport, Président de HAVAS Media :

    Merci aux membres du jury, présidé par Dominique Delport.

    • Rosie Adone-Bordet, Dir. Com. // MEDEF IDF

    • Laurent Allard, Directeur général // HEC Paris ALUMNI

    • Richard Beattie, VP EMEA // Oracle

    • Dominique Bussot, CEO // NetMedia Europe

    • Pierre Conte, Directeur général adjoint // Groupe Le Figaro

    • Olivier Fécherolle, Chief Strategy & Development Officer // Viadeo

    • Bernard Gassiat, Président // Club des annonceurs

    • Benoit Gourdon, EVP Operations & Co-founder // Neolane

    • Merav Griguer, Avocat à la Cour // Feral-Schuhl / Sainte Marie

    • Stéphanie Hospital, Executive Vice President // Orange

    • François Kermoal, Directeur de la rédaction // L’Entreprise

    • Jérôme Lascombe, CEO // HOPSCOTCH

    • François Laurent, co-Président // ADETEM

    • Marc Lolivier, Délégué général // FEVAD

    • Richard Menneveux, CEO & Founder // FrenchWeb.fr

    • Isabelle Musnik, Directrice des contenus et de la rédaction // INfluencia

    • Jean-Luc Letouzé, Président // Communication & Entreprise

    • Gilles Nay, Directeur des activités numériques // Pôle News Lagardère

    • Marie Pic-Pâris Allavena, Directrice générale // Groupe Eyrolles

    • Patrick Russo, Directeur communication & stratégie de marques // LaSer

    • Laurent Solly, Directeur général // TF1 Publicité

    • Thierry Wellhoff, Président // Syntec RP

    • Frédéric Winckler, Président // AACC

    (Photos : Emmanuel Vivier)

  • Le cygne noir et l’eucatastrophe

    Le monde connaît un épisode de crise sans précédent. Mais si tout s’arrangeait soudainement ? Comme dans un conte de fées ? C’est ce que l’on appelle « l’eucatastrophe », un événement mystérieusement positif pouvant changer le cours de l’histoire… même si rien n’est jamais acquis.

    Crises et solutions anti-crise, changements de régime et transitions politiques, accords diplomatiques et retournements de situation, solutions providentielles… L’actualité nous a fait entrer depuis un certain temps déjà dans des storytellings qui prennent parfois un tour un peu différent de ce qui aurait pu être imaginé logiquement. C’est le principe du « Black Swan ». L’économiste libano-américain Nassim Nicholas Taleb a développé une théorie sur le rôle de l’imprévu et le potentiel d’étonnement généré par des situations, des accidents, des événements totalement imprévisibles.

    Son livre (« Black Swan ») a été décrit par le magazine britannique Sunday Times comme un des ouvrages les plus influents depuis 1945. Dans cet essai, Taleb se base sur le fait que nous déduisons toujours qu’une chose est impossible si nous ne la voyons pas. Par l’observation nous pensons que les cygnes sont blancs, jusqu’à ce qu’un cygne noir apparaisse et remette totalement en cause notre perception du monde. Mais rien ne nous permettait d’imaginer qu’une telle créature existât.

    Pour l’économiste, l’apparition d’Internet, la première Guerre Mondiale et les attentats du 11 septembre 2001 sont des cygnes noirs. Taleb avait ainsi « prévu » la crise économique de 2009 en critiquant les méthodes de régulation économiques ne se basant que sur l’observation et la réaction par rapport à des événements s’étant déjà produits, excluant totalement l’improbable. Mais le Black Swan est souvent vu comme un phénomène négatif. Il peut aussi être positif. Car au pire peut succéder un retournement de situation positif. Le meilleur, même imprévu, n’est jamais à exclure.

    « L’eucatastrophe » est un terme lumineux qui peut décrire l’état dans lequel le monde pourrait se retrouver plongé ou qu’il ne faut en tous cas pas exclure. Ce néologisme a été imaginé par JRR Tolkien, l’auteur d’ouvrages mythiques comme « Le Seigneur des Anneaux » ou « Bilbo Le Hobbit ». Inventé par Tolkien lors d’une réflexion sur la fonction des contes de fées dans le cadre de la rédaction de son essai « Du Conte de Fées » publié en 1947, il désigne un changement radical, dans le cours d’un conte ou à sa fin, allant dans le sens de la victoire ou de l’accomplissement positif de la quête d’un des personnages.

    En injectant le préfixe « eu » (qui signifie « bon »), au mot grec « catastrophe » signifiant un événement soudain, négatif, provoquant la ruine, la mort, Tolkien invente le retournement positif. Un événement inattendu pouvant changer le cours des choses.

    Lire l’intégralité de l’article ICI.