• Bulle internet ou bulle sociale, la guerre de la maîtrise des audiences est lancée

    Une chronique écrite et publiée aujourd’hui sur le HuffPost.

    Facebook a récemment déboursé 1 milliard de dollars -soit l’équivalent de ses bénéfices 2011- pour acheter Instagram, une application permettant de styliser ses photos par des calques vintage.

    Quelques temps auparavant c’est Zynga -l’éditeur de jeux vidéos pour réseaux sociaux- qui faisait une entrée remarquée en bourse, avec une évaluation à 1 milliard de dollars en décembre 2011. Quant à celle imminente de Facebook, elle serait estimée à près de 100 milliards de dollars. Du jamais-vu. Si bien que certains n’hésitent pas à parler de nouvelle bulle internet. Rappelons l’épisode du début des années 2000, qui avait vu nombre de stars du digital chuter et autant d’étoiles montantes du web exploser à l’épreuve de la réalité.

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  • Le prochain président devra gérer les imaginaires

    Qui dit suffrage universel dit lien direct entre le peuple et l’élu. Les électeurs français ont voté. Le premier tour de la Présidentielle a été une étape vers la sélection du prochain Chef de l’Etat. Mais au-delà du court terme, celui-ci devra aussi gérer les imaginaires.

    La démocratie et le suffrage universel réservent toujours des surprises. Ce suffrage n’a pas fait exception. Les suffrages exprimés ont montré de vraies surprises, au premier chef d’entre elles le score élevé de Marine Le Pen. Les sondages ne l’avaient pas vu venir. Mais est-ce vraiment une surprise ? Les enquêtes d’opinion prennent le pouls d’un échantillon, là où l’essentiel se joue ailleurs : dans l’imaginaire collectif. Or l’époque crie et suinte du mythe. Nous sommes au commencement d’une réinvention qui se refonde sur les imaginaires collectifs. Et des pays qui, comme la France, ont fait le choix de confier au peuple entier la responsabilité de choisir leur exécutif ne peuvent s’étonner des résultats.

    Une chose est sûre, le «village global» dont parlait Marshall McLuhan bruisse, grouille, se rassemble de plus en plus autour d’une certaine animalité et d’une émotion palpable. La foule décide. Globalement et localement, car elle n’est plus uniquement sur les marchés mais aussi sur les réseaux sociaux. Dans cette émotivité collective, la “pensée de la place publique” a une grande importance. La foule est de plus en plus présente et en en période d’élection, elle a le pouvoir, ou tout au moins, «fixe» les décisions.

    Est-ce un hasard si Pan, cousin indo-européen de Dionysos – dieux des troupeaux et de la nature toute entière – est aussi le dieu de la foule et en particulier de la foule orgiaque et hystérique ? Pan avait la capacité de faire perdre à l’humanité son côté humain pour lui redonner son animalité dans la promiscuité de la foule. Le mot «pan-ique» vient de là. Les foules regroupées (paradoxalement) dans les urnes et d’une manière quasi-magique dans le secret de l’isoloir, mais également collectivement dans les rassemblements des Indignés, lors d’événements sportifs, de concerts rock ou de rassemblements religieux nous le rappellent sans cesse: Pan se rappelle à nous, comme revivifié, remythifié, car la foule n’a jamais été aussi présente, dans les grandes villes, les flashmobs ou Facebook.

    C’est ce qu’ont souligné des auteurs comme Gilbert Durand, qui dans Introduction à la Mythodologie propose une lecture résurgente du mythe de la foule. Pour Durand, «Les dieux ont soif» et parfois «se vengent en déchaînant obscurément dans les ténèbres des inconscients la tempête des dieux». Parmi les causes de la montée de phénomènes funestes au XXème siècle comme l’hitlérisme se trouvent bien évidemment des problèmes contemporains mais également le complexe lié à la défaite du IIIème Reich, la fin de la dynastie impériale et la psyché sociale.

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  • Présidentielle : où est l’émotion ?

    La politique a toujours été empreinte de storytelling. Mais alors que les candidats français peinent à passionner par la campagne 2012, il faut remplir le temps mort. Car le manque d’émotion est criant et il n’est pas étonnant que d’autres que les candidats accomplissent cette tâche.

    L’émotion est un des maître-mots du 21ème siècle. Elle est partout. Elle est palpable. Une émotion consubstantielle du nouveau paysage media car elle est connectée : hurlements des filles aux concerts de Justin Bieber saisis en direct par des milliers de téléphones mobiles brandis comme un signe de reconnaissance et aussitôt « likés », partagé, commentés ; succès de la série BREF ; relais des actions des Anonymous ; réactions et « retweets » spontanés sur Twitter, 99% des échanges de vidéo sur YouTube ou DailyMotion…

    Aujourd’hui tout répond à une émotion : tour à tour le rire, la tristesse, la nostalgie, l’effroi, ou la peur. Les nouveaux médias, les technologies, et le fait digital offraient pourtant pléthore de solutions et de pistes intéressantes…

    Ces canaux sont un vrai réservoir d’émotion, de connexion et permettent à présent de vivre l’émotion de manière intense, forte, et connectée. Les médias digitaux sont de très forts véhicules narratifs et nous nous rendons de plus en plus compte qu’ils nous aident à assouvir l’un de nos instincts les plus primaires et essentiels : nous raconter des histoires. Créer des récits pour mieux affronter la réalité est un instinct primaire de l’être humain. Les mythes naissent de ce sentiment, et les histoires créées, l’inconscient collectif nous poussent instinctivement à nous raccrocher à des univers narratifs et à les relayer.

    Cette soif narrative ne disparaît pas et est même accélérée par les médias digitaux qui propulsent de plus en plus le phénomène du storytelling. Tant que subsiste cet instinct, les récits ont de beaux jours devant eux. Nous pouvons être sûrs que nous aurons encore pour longtemps besoin de ressentir et de vivre le désir de nous sentir vivants et de remplir le « temps mort » dont parle Mircea Eliade. Ce temps qui nous rapproche de notre propre mortalité. Les technologies ne cessent de renforcer ce sentiment, en « live ».

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  • Rishad Tobaccowala : “Get Real !” (Inspiration Interview)

    Cette interview est la première d’une série d’interviews avec des personnalités françaises et internationales du marketing, des media, du contenu, de l’entertainment, de la communication et du digital que vous trouverez sur ce site.

    Rishad Tobaccowala est un des grands penseurs du futur en média et communication. En tant que Chief Strategy & Innovation Officer de VivaKi monde (le réseau media et digital de Publicis rasemblant ZenithOptimedia, Starcom MediaVest, Razorfish et Digitas), il m’a fait l’amitié de livrer sa vision de l’avenir de la communication et du marketing. Inspirant !

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    Thomas Jamet : Quels sont les principaux enjeux auxquels le marketing devra faire face en 2012 et au-delà ?

    Rishad Tobaccowala : Trois grandes tendances vont présider aux changements du monde du marketing en 2012 : tout d’abord, l’usage et la diffusion des réseaux sociaux comme Twitter et Facebook – que 1,6 milliards de personnes utilisent déjà à travers le monde – va s’accroitre. Deuxième tendance : la mobilité, qui va relier le digital et l’analogue de façon inédite et accélérée, notamment le point de vente de plus en plus connecté et la TV de plus en plus sociale. Enfin, le rythme du changement va s’accélérer et chaque entreprise devra être plus rapide et plus réceptive afin de conserver ses consommateurs et ses clients.



    Pourquoi selon vous, se dirige-t-on vers un nouvel âge d’or de la publicité ?

    Le marketing tel que le définit Kotler c’est être capable de “comprendre et de répondre aux besoins des consommateurs”. Quand les consommateurs se retrouvent en position de force grâce aux nouvelles technologies comme les réseaux sociaux et les smartphones, il devient essentiel de véritablement les comprendre et de répondre à leurs besoins. On le sait et on le dit depuis longtemps, ce sont eux qui ont le pouvoir et non le marqueteur. Ils possèdent l’information et peuvent percer à jour tout ce qui leur semble discutable. Le marketing gagne donc en importance car dans un monde d’accélération, de diversification et de prise de pouvoir, on a besoin d’avoir de meilleurs insights, de créer de nouvelles formes d’engagement, de trouver des façons inédites de mesurer et d’évaluer les innovations du storytelling, rendues possibles par l’emploi des nouvelles technologies.

    Pourquoi avez-vous fixé dans certains articles cette date du nouvel âge d’or de la pub à 2016 ?

    D’ici 2016, 3 milliards de personnes auront accès à l’Internet au niveau mondial, avec des procédés mobiles avancés et un accès rapide et illimité au haut débit. On prévoit que le “Data Driven Marketing”, qui autorise la personnalisation des services, devienne très efficace économiquement; et que le e-commerce, le mobile, et le commerce traditionnel fusionnent en un même tout.

    Quelles sont les différentes étapes de ce processus?


    Le changement est inévitable à cause de cinq facteurs-clef.

    Premièrement, à cause du coût décroissant du stockage et du tri de données qu’on appelle “Data Driven Marketing” ou “Big Data”. Deuxièmement, à cause du pouvoir, de la vitesse et de la mobilité croissantes de la technologie, conjugués avec les très bas prix qui ont court sur plus de la moitié de la planète. Troisièmement, à cause de l’intégration des réseaux sociaux dans tous les aspects du marketing, qui permettra la connexion continue des entreprises, de vos amis et des professionnels. Quatrièmement, à cause de la réinvention des agences marketing et des départements clients dès qu’ils auront compris que les gens sont désormais si puissants qu’ils sont eux-mêmes devenus marketeurs en demandant à leurs amis, en comparant les prix, en échantillonnant un produit dans le monde réel ou virtuel – il n’y a qu’à regarder la façon dont vous planifiez vos vacances ou achetez une voiture de nos jours. Les marketeurs vont faciliter ce “self marketing” en créant de l’information, du contenu et du service et la possibilité de se connecter avec d’autres utilisateurs/acheteurs facilement. Enfin, les nouvelles technologies vont permettre non seulement de meilleures analyses et choix des cibles, mais aussi de meilleures façons de raconter des histoires avec une nouvelle palette d’outils qui combinera vidéo, audio, mot, graphique avec mobilité, données et participation.


    Pouvez-vous expliciter vos positions sur le futur de la publicité, et plus précisément sur l’association de l’humain et du digital ?

    Il est très important de comprendre que tandis que la technologie a un fonctionnement binaire (oui ou non), les gens fonctionnent eux par analogie (oui ou non ou peut-être). Leur choix est émotionnel et non purement dû à la logique. Nous rêvons et nous désirons, et ces émotions sont importantes à la fois pour glaner des insights et pour raconter des histoires. Les gens sont plus lents à changer que la technologie. Ils doivent digérer l’accélération et l’information à leur rythme.

    Que signifie une de vos injonctions fétiches (“Get Real”) pour vous ?

    Cette phrase “Get real” marche à trois niveaux :

    En premier lieu, les marketeurs devraient prendre en compte la connaissance des consommateurs sur leurs produits et leurs services, et ce la consiste à ne pas essayer de les prendre pour des idiots ou de leur mentir.
    Deuxièmement, les marketeurs ne devraient pas prendre pour prétexte leur expérience dans le métier pour ne pas se réinventer et s’améliorer. En ce sens, “Get real” signifie être honnête avec soi-même.

    Enfin, les entreprises devraient être en permanence réalistes à propos de ce qui se passe sur leur marché et savoir qu’il y a de nouveaux concurrents talentueux prêts à défendre leur business dans des endroits inattendus. Regardez ce qui est arrivé à Kodak lorsqu’ils ont refusé de prendre en compte le digital ou RIM quand ils n’ont pas pris au sérieux l’Iphone et les Android.

    Rishad Tobbacowala est Chief Strategy & Innovation Officer de VivaKi (ZenithOptimedia, Starcom MediaVest, Razorfish, Digitas)

    Pour plus d’informations sur les travaux de Rishad Tobaccowala :

    Son blog

    Son Tumblr

    Son fil Twitter

    Et une vidéo bonus :

  • Pornstars, les sorcières postmodernes

    Les sorcières postmodernes investissent notre quotidien. Les femmes ont toujours hanté notre imaginaire mais elles semblent de nouveau redéfinir la place de la femme dans la société. Car la figure de la rébellion a toujours finalement été celle de la femme et peut-être parce que ces temps-ci elles semblent à nouveau représenter un danger pour les hommes.

    Les origines : la femme a longtemps été supérieure à l’homme dans l’imaginaire collectif

    La mythologie naît parfois de la profonde angoisse causée par des problèmes pratiques et ne pouvant pas être apaisée par des arguments logiques. En chassant les mammifères et en voyant le sang couler, semblable au leur, les hommes du paléolithique ont créé des mythes et des rituels qui permettaient vraisemblablement de faire accepter le massacre. A l’époque, ce sont les déesses qui dominaient souvent dans les Panthéons primordiaux. La figure des déesses-mères originelles en témoigne. Car la femme est en effet celle qui donne la vie. Et les hommes se rendent compte que, si même les plus valeureux chasseurs sont remplaçables, il n’en est rien de la femme car elle assure la continuité de la tribu.

    Mais les déesses n’ont alors rien de la figure protectrice d’une Vierge Marie. Elles inspirent un effroi religieux terrible et représentent des figures sauvages, vengeresses et implacables. Bon nombre de sociétés primitives (en Afrique notamment) rendaient par exemple un culte à la mante religieuse. Les sociétés patriarcales ont laissé de côté les femmes mais elles semblent retrouvent leur statut mythologique…

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  • Invitation à l’Imaginaire (jeudi 5 avril)

    J’ai l’honneur d’être invité par Michel Maffesoli à m’exprimer lors d’une “Invitation à l’imaginaire” à la Fondation Paul Ricard sur le thème “Technologie et relations” ce jeudi 5 avril.

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    Michel Maffesoli reçoit Stéphane Hugon (Directeur de Eranos), Thomas Jamet (Pdt de Moxie, groupe Publicis), Isabelle Musnik ( Directrice de la revue Influencia)

    Voilà qui peut sembler paradoxal, en fait voilà qui est paradoxal, donc fécond, le développement technologique, sous ses diverses formes et cause et effet d’une intense activité communicationnelle. Les divers livres de Stéphane Hugon en témoignent, il en est de même de “l’ère digitale” dont nous parle Thomas Jamet. Imaginaire et mythes retrouvent une vigueur insoupçonnés et nous oblige à penser un monde complexe ne se réduisant pas à la raison souveraine, mais redonnant leur place aux sentiments, au sensible, aux fantasmes et autres fantaisies dont est pétrie l’expérience humaine.
    L’enjeu est d’importance, le défi est majeur. Il faut savoir les penser.

    5 avril à 19h entrée libre
    Fondation d’Entreprise Ricard
    12 rue boissy d’anglas
    75008 Paris
    Metro: Concorde ou Madeleine

    A lire ICI.