• Pinterest et la société du néon

    Pinterest, Instagram, Hipstamatic, Tumblr… Toutes ces sous-cultures éphémères sont autant de néons inversés dans notre monde digital. Elles font régner l’extimité à l’inverse d’une des expressions phare du XXème siècle.

    Une exposition parisienne retrace depuis quelque temps l’utilisation artistique et créative du néon. Une première pour un art mineur longtemps délaissé. Inventé par un Français en 1910, le néon ne tarda pas à devenir l’emblème et le symbole d’une modernité galopante et d’une société de consommation effrénée, des avenues des grandes villes jusqu’aux galeries d’artistes dans les années 60.

    Il faut dire que le néon est un miracle du XXème siècle. Prouesse technologique, le néon est un tube de verre contenant du vent (du gaz) et dans lequel la lumière est enfermée. Symbole de la futilité et d’une postmodernité recyclant ses mythes en sous-cultures, ses premières utilisations furent publicitaires. Les hommes venaient de trouver une nouvelle expression pour raconter le monde, écrire ou dessiner leur futur.

    A l’heure où ouvre cette exposition, il est troublant de noter une certaine ressemblance avec quelques-unes de nos tendances contemporaines: Hipstamatic, Instagram, Tumblr et le dernier-né Pinterest. La futilité exprimée par le «Rien» de l’artiste Jean-Michel Alberola n’est plus contenue dans des néons, mais exposée aux yeux de tous. Ces réseaux sociaux sont des miroirs inversés de nos vies, de nos instants éternels, de ces moments exposés aux yeux de tous. Ce qui était à l’intérieur passe à l’extérieur. Le dedans est devenu tellement visible qu’il est devenu le dehors, commun à tous.

    Les réseaux sociaux démontrent que nous nous avançons petit à petit et au quotidien dans une extraversion généralisée. C’est en cela que, pour paraphraser Jacques Lacan, nous pouvons parler d’ «extime» (d’extériorisation durable et structurelle de notre intimité), érigée en un style de vie que connaissent bien les «digital natives», ceux qui sont nés avec Internet.

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  • Nous sommes tous des enfants de la Culture Pub

    Pubs événements du Superbowl, revival à venir de Culture Pub, renaissance créative, la pub est partout. Les marques nous entourent comme des dieux et des déesses bien vivantes et via la création nous font revivre notre statut d’enfant éternel.

    Tous les dimanche soir nous étions des millions à revenir en enfance, émerveillés par le talent de Christian Blachas pendant tant d’années. Tel un conteur, un sorcier ou un magicien, ce dernier nous racontait dans Culture Pub avec un talent unique et avec passion de belles histoires. Car c’est le primat de la publicité: nous faire retourner en enfance. Les créations publicitaires ou les récits de marques sont en effet structurés sur le modèle des grands récits mythologiques, un réel schéma actanciel, un enchaînement problème / solution / résultat, et peuplés de monotypes, des personnages idéal-typiques fonctionnant sur une logique binaire.

    George Lewi l’a montré dans son ouvrage Les marques, mythologies du quotidien il y a déjà quelques années: les marques et la publicité sont partie prenante de la structuration mentale de notre univers de pensée par leur capacité à s’ériger en entités mythologiques. Tout comme les héros mythiques, elles savent incarner les rapports de l’individu au groupe et sont le produit de notre imagination collective. Comme Aphrodite la séductrice qui avait le pouvoir de rendre amoureux tous les dieux et tous les mortels, L’Oréal assure avoir le même pouvoir insensé «parce que toutes les femmes le valent bien».

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  • Le retour de Satan

    Le séducteur est de retour. Musique, cinéma, tendances. La figure du Diable est sans doute une des figures émergentes de ce début 2012. En cette année d’Apocalypse programmée par certains, le Prince de ce monde est plus que jamais présent. Décryptage de sa présence.

    Beyoncé ferait-elle partie des œuvres du Diable? Un illuminé semble le croire, qui a récemment a vandalisé le panneau d’affichage d’une Eglise Baptiste pour affirmer que sa fille, née récemment, serait l’Antéchrist : “Beyoncé a eu son bébé. Satan est sur terre.” Une affirmation plutôt étrange, mais pas si isolée. D’autres voient en effet l’Antéchrist en Justin Bieber, Barack Obama, Lady Gaga ou le Prince William…

    La figure diabolique revient en force. Mais loin de ces extrapolations farfelues, il est passionnant de comprendre en quoi elle permet d’expliquer notre monde d’aujourd’hui.

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