• Living in A Connected Marketplace

    Voici le document d’un de mes cours à Sciences Po Paris, donnés dans le cadre du cours en anglais “Media In The Global And Digital Era”, que je donne depuis le mois de septembre avec Thierry Jadot, CEO de Starcom France.

    Cette présentation a été pensée par Alexandre Delamaire, brillant StoryPlanner chez Newcast.

    Enjoy.

    Pour le suivre : @alexdlmr

  • Freddie Mercury, l’homme qui parlait aux foules

    Freddie Mercury a été une rock star immense. A l’heure où nous fêtons le 20ème anniversaire de sa disparition des suites du SIDA, il reste une figure éclairante.

    La musique est devenue dans la deuxième moitié du XXème siècle une des seules vraies références culturelles communes à des millions de personnes dans le monde, par-delà les différences de religions, de langues, d’éducation. Mais au sein des tribus musicales, il en est une dont l’histoire est particulièrement incroyable: il s’agit du rock n’roll.

    Il est passionnant de remarquer que le rock est un des rares mouvements culturels à tirer son essence et sa légitimité dans la légende, prenant étrangement ses racines dans l’histoire d’un récit mythologique: un pacte avec le diable, via l’histoire de Robert Johnson, ce guitariste rendu virtuose après une rencontre légendaire avec une entité étrange au détour d’un chemin dans les années 30*.

    Depuis cette rencontre fondatrice, il y a eu Elvis, les Beatles, Led Zeppelin et plein d’autres et le succès du style ne se dément pas. Des centaines de millions de personnes se pressent tous les ans dans le monde entier dans d’immenses rassemblements rock.Même si l’industrie de la musique marque le pas, le marché de la musique « live » se porte en revanche plutôt bien.

    Les prix des billets sont élevés mais qu’importe, plutôt que d’acheter un disque, ce qui est une manière distanciée de participer à l’expérience, le public préfère aujourd’hui investir son argent dans un concert, un moment avec l’artiste ou même faire partie des millions de fans à partager un nouveau clip sur YouTube. Il cherche des expériences de communion, de fusion dans un « Grand Tout », et in fine une réponse à l’appel d’une certaine transcendance.

    Un artiste a particulièrement marqué les années 70 et 80. Il s’agit de Freddie Mercury. Le chanteur de Queen dont nous fêtons les 20 ans de la disparition ce jeudi 24 novembre est celui qui a porté à son paroxysme cette transcendance. Au-delà de sa voix exceptionnelle, de son charisme, du fait qu’il ait été la première rock star planétaire d’origine parsi (son vrai nom était Farookh Bulsara), d’avoir réussi à écrire des hymnes planétaires, su combiner la culture opéra et l’énergie du rock, dépassé les clivages en emmenant Queen jouer en Afrique du Sud en plein Apartheid et à Budapest en pleine Guerre Froide, Freddie Mercury est surtout le premier artiste majeur à avoir vraiment su parler aux foules, entrer en contact avec elles.

    Parmi tous les facteurs qui font de Queen un groupe à avoir marqué durablement l’époque, sa vraie originalité est sans nul doute ce jeu avec la foule.

    D’autres avaient déjà fait des concerts géants, généré des phénomènes d’excès quasi-religieux (la Beatlemania), mais ces frappement de mains parfaitement synchronisés de 250 000 personnes sur certains titres comme lors de concerts où est joué le titre We Will Rock You ou encore le clip de Radio Ga Ga, sont uniques.

    C’est sans doute pour cela que Queen a été surnommé « le premier groupe rock fasciste » dans les années 80 par la presse britannique et notamment par le magazine Rolling Stone qui les détestait. Car il y avait quelque chose qui avait également été utilisé par les régimes totalitaires et depuis les grands rassemblements du IIIème Reich, personne n’avait ainsi utilisé, joué, parlé à la foule de cette manière.

    C’est la puissance du rock. Même si le message est évidemment très différent voire radicalement opposé, de par les symboles utilisés et la force de la manipulation opérée, on se dit parfois qu’Albert Speer, concepteur de l’imagerie nazie aurait tout à fait pu concevoir de telles scènes. Le chaman, qu’il soit chanteur ou tribun opère une transcendance descendante, un exercice chamanique sur la foule.

    Il y a là quelque chose du « divin social » au sens où l’entendait Durkheim. C’est ce divin social que l’on voit renaître à l’occasion de concerts géants et c’est ce que Freddie Mercury a eu le génie de susciter et d’en jouer. Nous ne cherchons rien d’autre en nous fondant dans cette foule que de nous perdre dans un grand ensemble, de communier dans une grande fête archaïque. C’est ce qu’arrivent à susciter les chamans, les sorciers, les prophètes et certaines (rares) rock stars.

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  • Identité: l’ultime bataille

    Dans un article daté du 16 novembre, le New York Times s’interroge avec cette question clé: In The Digital Age, Are You Who You Say You Are ?

    L’article relate la mésaventure de l’écrivain Salman Rushdie dont Facebook a récemment désactivé le compte et changé son identité en Ahmed Rushdie, le nom qui figure sur son passeport. C’est Twitter qui a servi d’exutoire ce lundi à Rushdie, qui s’est lancé dans une violente diatribe contre Facebook avec des Tweets assassins : « Mark Zuckerberg, où te caches-tu? Rends-moi mon nom!».

    Deux heures après seulement, l’auteur des Versets Sataniques y criait victoire « Facebook a perdu! Je suis Salman Rushdie à nouveau. Je me sens tellement mieux. Une crise d’identité n’est pas une bonne chose à mon âge», suivi d’excuses officielles de Facebook.

    Rushdie a été la victime de la politique du réseau social, tendant comme son comparse Google + à demander à l’internaute de se connecter avec son vrai nom et luttant contre les pseudonymes et les identités fantaisistes afin de centraliser un log-in global à différents services (G+, Gmail, Google Docs, etc.), « d’avaler » un certain nombre de données personnelles et également de simplifier la connexion à des millions d’applications en maximisant les chances de transformer directement des transactions financières avec un identifiant unique.

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  • L’érotique de l’horreur

    Pourquoi aimons-nous l’horreur ? Dans tous les domaines le besoin inné de l’être humain de se confronter avec des images monstrueuses a toujours été présent. Des figures des monstres de la mythologie et des religions des origines aux films d’horreur contemporains jusqu’aux festivités d’Halloween ou à des artistes comme Alice Cooper, Lady Gaga ou Marilyn Manson, l’horreur est présente. Elle est naturelle, et nécessaire. Et proche de la pulsion sexuelle.

    Georges Bataille est un philosophe mythique. Sa pensée est extrêmement importante et nous aide à comprendre le contemporain. Celui qui ne se disait « pas philosophe, mais un saint, peut-être un fou » s’est notamment énormément intéressé aux sacrifices humains. Il avait en permanence sur lui plusieurs photos d’un supplicié chinois, qu’il portait comme une icône, montrant l’odieuse image d’un condamné à mort dépecé vivant. «Je fixais l’image photographique d’un Chinois (…)» disait-il. »

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  • Ren@issance Mythologique sur le blog de Nicolas Bordas

    Une longue et très détaillée chronique de “Ren@issance Mythologique” est à lire sur l’excellent blog du non moins excellent Nicolas Bordas, président de TBWA Paris, auteur de “L’idée qui tue” et enseignant à Sciences Po.

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    Je suis très fier de cette attention et de son analyse.

    Merci à lui !!

  • Postmodernisme, le passé c’est l’avenir

    L’actuelle exposition au Victoria & Albert Museum de Londres fait le point sur 20 ans de création culturelle qui ont révolutionné le monde artistique. Et qui en disent long sur notre propre culture. Par Thomas Jamet…

    Postmodernism, Style & Subversion 1970-1990*. C’est le titre d’une des expositions londoniennes dont on parle le plus en ce moment, présentée au V&A Museum. Elle propose une collection passionnante d’œuvres d’artistes postmoderniste, d’Andy Warhol à Ridley Scott en passant par Jeff Koons, Grace Jones ou encore Klaus Nomi. Ces touche à tout de génie ont semblé manipuler le pastiche, la dérision, l’excès et les paradoxes assumés avec brio, utilisant l’art du copier coller et de la démesure avec beaucoup de brio.

    Mais un des éléments clé du mouvement postmoderniste est mis en avant dans cette exposition qui nous montre que le mouvement postmoderniste, né à la fin des années 60 et au début des années 70 est avant tout, paradoxalement, un vrai retour vers le passé. Une révolution en quelque sorte, mot dont l’étymologie signifie littéralement « revenir en arrière ». Le postmodernisme est en effet un «historicisme», gommant des siècles de négation du passé que la culture moderne avait effacée, préférant le futur et le contemporain comme modèles.

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