• Nos données ne sont pas un produit de luxe / Tribune dans Stratégies 9 Mai 2019

     

    La vie privée est largement reconnue comme un droit humain fondamental qui est, dans de nombreux pays, légalement protégé. Alors, pourquoi avons-nous le sentiment qu’à l’ère numérique, notre vie privée est menacée, et parfois qu’elle a disparu ?

     

    Vie privée et confidentialité des données

    Pour comprendre le droit à la vie privée, il est important de faire une distinction entre la notion traditionnelle de « vie privée » et celle de « confidentialité de nos données ». À l’ère pré-numérique, la vie privée était un concept lié à la présence physique et aux communications privées. On pouvait garder pour soi des informations, et si on choisissait de les partager avec une institution, publique ou privée, celle-ci devait en assurer la sécurité. A l’ère numérique, tout ce que nous faisons est facilement quantifiable et traçable. Nos données, qu’on désigne désormais comme « le nouveau pétrole de l’économie numérique », sont numérisées et soigneusement collectées.

     

    Le partage de nos données est le prix à payer pour prendre part à l’économie numérique du XXIe siècle. D’un côté, les entreprises obtiennent des informations précieuses sur leurs publics et, de l’autre, les consommateurs accèdent, dans la plupart des cas, à un service (gratuit). En principe, tout le monde profite de cet échange. Sauf que cela fonctionne rarement ainsi. Pire encore, cela nuit souvent aux avantages pour le consommateur et à l’expérience de la marque.

     

    L’échange données-service déséquilibré

    Nombreuses sont les entreprises qui rassemblent chaque jour des myriades de données sur leurs utilisateurs, bien souvent au détriment de leur vie privée. Mais très peu d’entre elles sont capables d’exploiter cet énorme volume d’informations pour ensuite développer des produits et services qui profitent réellement aux consommateurs. De fait, du point de vue de ces derniers, cette collecte excessive, généralement formalisée dans les conditions générales d’utilisation, longues et rédigées dans un jardon juridique, n’offre aucun avantage tangible. L’échange données-services est toujours fortement en faveur des géants de la technologie.

     

    La plupart du temps, le déséquilibre se manifeste par une expérience utilisateur médiocre : les consommateurs reçoivent des recommandations non pertinentes. Dans certains cas extrêmes, ils peuvent causer un réel préjudice émotionnel, comme dans le cas de cette femme qui recevait sans cesse des publicités pour des produits infantiles après l’accouchement de son bébé mort-né.

     

    Les consommateurs devraient être les propriétaires de leurs propres données et avoir le dernier mot quant à celles qu’ils choisissent de partager. La protection de la vie privée ne devrait pas seulement être un droit individuel, mais aussi un bien commun, accessible à tous. La perte de la confidentialité des données serait alors une tragédie et non une anecdote inévitable. Afin de sortir de cet échange données-services déséquilibré, il faut cesser de penser que tout sur Internet devrait être gratuit, et peut être payer pour garder nos données personnelles confidentielles.

     

    La confidentialité de nos données, un produit de luxe

    Aujourd’hui, seuls ceux qui ont les moyens de payer pour des services haut de gamme et sans publicité peuvent échapper à la collecte de données. D’autant qu’il est presque impossible de ne pas utiliser ces services numériques fournis par les géants de la technologie.

     

    On a ainsi appris récemment que Facebook payait 20 dollars par mois aux Etats-Unis des jeunes utilisateurs pour qu’ils le laissent tracker leurs activités. Mettre un prix sur la confidentialité des données devrait être directement lié à la valeur générée par les données, et non pas être arbitrairement défini par une entreprise de technologie.

     

    Apple est peut-être la seule exception : la confidentialité des données est même devenue pour eux un argument de vente essentiel, et une justification partielle de leurs prix élevés. Apple profite de l’érosion de la confiance du public dans d’autres GAFAM.

     

    Comment restaurer l’équilibre ?

    Tout d’abord, les marques peuvent adopter une politique de collecte de données davantage axée sur le consommateur. Il convient de collecter uniquement les données souhaitées et lier chaque donnée à un avantage tangible redonné aux consommateurs.

     

    Plus important encore, les marques ont la possibilité de comprendre leurs utilisateurs via des plateformes qu’elles-mêmes peuvent créer. Elles collectent ainsi des données non personnelles qui, une fois agrégées, reflètent directement ce que veulent les consommateurs. C’est une tactique que de nombreuses marques de vente directe au consommateur ont déployée avec succès.

     

    La transparence est également un facteur important : les marques doivent éviter tout jargon juridique dans leurs politiques de confidentialité, expliquer clairement pourquoi elles collectent des données et demander des consentements explicites.

     

    Il y aura toujours une place dans l’économie numérique pour les modèles financés par la publicité, et l’échange données-services est certainement voué à perdurer. Mais on trouvera probablement bientôt les moyens de mettre un frein aux pratiques discutables des géants de la technologie. En tant que spécialistes des marques, nous nous devons de comprendre parfaitement les défis liés à cette question complexe et de guider nos clients dans la collecte et la sécurisation des données sur les consommateurs de manière respectueuse et éthique, sous peine de tomber dans les pièges du capitalisme de surveillance.

     

     

     

     

  • Comment les marques s’approprient-elles les cultures urbaines ?

    J’étais l’invité de L’Hebdo Com le 6 avril sur BFM Businesshttps://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/le-zoom-cultures-urbaines-quelle-influence-sur-les-marques-0604-1152320.html
    Il faut avant tout savoir que les cultures urbaines, ce sont des cultures qui émergent des villes. Ensuite, celles-ci sont qualifiées de communautés qui se rejoignent par rapport à des symboles ou à des pratiques sportives et artistiques. Aujourd’hui, on peut dire que les cultures urbaines sont démocratisées et ces dernières fascinent beaucoup les marques, notamment de luxe. Quelles en sont les raisons ? Comment les marques s’approprient-elles les cultures urbaines ? Quid de leur crédibilité ?

  • Les Nouveaux Défis du Brand Content – Plongez dans le Marketing de l’Émotion

    « Le Brand Content, c’est finalement ce que devrait être la bonne publicité : construire une relation émotionnelle avec son public et un consommateur ayant le sentiment d’être diverti sans sentir la pesanteur d’une pression commerciale. »

    La première édition des Nouveaux Défis du Brand Content, devenue référence, introduisait ce credo. Plusieurs années après, la pression commerciale pesant sur l’internaute est décuplée. Mais les solutions pour le divertir aussi ! En 2013, je souhaitais apporter une pierre à l’édifice d’une discipline et d’un type de communication en plein essor, avec pédagogie. L’ouvrage a connu un tel succès qu’il a rapidement été épuisé et est devenu une référence pour les professionnels et les étudiants. Il figure ainsi dans la bibliographie de nombreux concours d’écoles supérieures spécialisées en publicité et communication, et les Masters spécialisés en Brand Content, ayant depuis lors fleuri.

    Cet ouvrage n’a donc jamais aussi bien porté son nom : au-delà de ce que l’on peut appeler le « Brand Content », quels sont les nouveaux défis, à l’heure de la data, pour les marques ?

    Le Brand Content est donc devenu incontournable, un must-have de toute stratégie marketing. Dans ce contexte de démocratisation et où tout dans l’écosystème média est connecté et simultané, cette deuxième édition est complètement revisitée.

    J’ai voulu adjoindre aux grands entretiens avec des experts reconnus tels Stéphane Hugon, Daniel Bô et Vincent Balusseau un point sur les nouvelles tendances avec Pascal Nessim – le co-président de l’agence Marcel (groupe Publicis), une des meilleures agences créatives mondiales – et ouvrir à l’international avec les témoignages de Patricia Weiss, une experte reconnue au Brésil, de Richard Yao du IPG Media Lab de New York, et de Gabriella Chihan Stanley, spécialiste de la réalité virtuelle.

    Les plus grands créatifs mondiaux sont toujours à l’honneur avec un entretien avec le légendaire David Droga et une préface d’Olivier Altmann. Enfin, Emmanuel Durand, président-directeur général de Snapchat France signe une postface passionnante éclairant sur les enjeux technologiques du Brand Content.

    Cet ouvrage vous permettra de :

    • créer de l’engagement avec un marketing de l’émotion qui transcende tous les canaux : contenus éditoriaux personnalisés, nouveaux storytellings, réalité virtuelle ;
    • vous inspirer des stratégies de Brand Content des entreprises françaises et internationales à la pointe dont les dernières lauréates du Grand Prix du Brand Content ;
    • disposer d’une vision claire des évolutions à venir en marketing digital, avec les contributions ddes plus grands experts mondiaux

    « Au-delà du Contenu de marque, une excellente grille de lectures tratégique pour tout comprendre des enjeux business des entreprises » – Nicolas Bordas, Vice-Président International TBWAWordlwide

    “LE livre de référence qui renouvelle l’approche sur le contenu de marque » – Xavier Dordor, CB News

    Pour l’acheter sur Amazon c’est ICI : https://www.amazon.fr/nouveaux-d%C3%A9fis-Brand-Content-%C3%A9dition/dp/2744067121/ref=la_B005K020TY_1_2?s=books&ie=UTF8&qid=1544609578&sr=1-2

     

  • 3 leçons de créativité inspirées de Queen pour réussir

    Pour les secteurs d’activité dans lesquels la créativité a une place importante, ces principes sont d’une actualité brûlante.

    https://www.huffingtonpost.fr/thomas-jamet/3-lecons-de-creativite-de-queen-pour-reussir_a_23575879/?ncid=other_twitter_cooo9wqtham&utm_campaign=share_twitter

    27 ans après sa mort, et alors qu’un film biographique lui est consacré, Freddie Mercury est une icône. Lui et son groupe Queen ont profondément bouleversé l’industrie musicale internationale. Au cœur de leur travail reposent des principes auxquels ils n’ont jamais dérogé en 20 ans de carrière. Pour les secteurs d’activité dans lesquels la créativité a une place importante, ces principes sont d’une actualité brûlante.

    Conjuguer audace et plaisir

    Queen se caractérise par le mépris absolu du format imposé, et le décline en art de travailler. Le groupe devint icône en 1975 en sortant un 45 Tour de 5 min 55 s. Inédit. La chanson se nomme Bohemian Rhapsody, c’est un opéra rock en 6 parties musicales distinctes, du jamais vu. Une vidéo promotionnelle – le mot clip n’a pas encore été inventé –est tournée, avec les effets spéciaux de l’époque. La question des formats est partout dans nos métiers. Le besoin de surprendre l’est tout autant. L’influence de l’opéra, de la danse classique sont présentes dans la scénographie de Queen. Les collaborations les plus audacieuses étaient légion, à commencer par celle avec un illustrateur de science-fiction Frank Kelly Freas, qui rend hommage à l’ouvrage Le grand livre des robots d’Asimov. Le fil conducteur de Queen est que le groupe n’en a fait qu’à sa tête. Et sa proposition créative a été suffisamment exigeante pour disrupter.

    Miser sur la matière grise

    Freddie Mercury était diplômé du Ealing Art College de Londres, le même qu’un certain David Bowie ; Roger Taylor était biologiste de formation; le bassiste John Deacon obtint le diplôme First Class Honours en électronique au prestigieux Chelsea College. C’est d’ailleurs avec un amplificateur fabriqué de ses mains, le Deacy Amp, qu’il rejoint le groupe. Brian May n’a pas à rougir puisqu’il a donné un son unique à Queen à jamais avec sa guitare manufacturée avec son père, The Red Special ; il est diplômé en Sciences Physiques de l’Imperial College de Londres. Interrompu par le succès de Queen, il soutiendra sa thèse en 2007 et obtiendra le titre de Docteur en Astrophysique.

    Appelons-la R&D, Lab, peu importe. Cet amas de matière grise est riche d’enseignements sur la diversité des recrutements. Les membres de Queen sont ce qu’on appellerait aujourd’hui des profils atypiques dans le monde du Rock. Le son Queen a une couleur tout à fait unique, et pas uniquement du fait de la voix de son chanteur. Ce son est issu d’un travail d’ingénierie réalisé par son équipe via ses instruments et ses méthodes d’enregistrement innovantes. S’entourer de profils originaux auxquels on accorde le bénéfice de la confiance pour inventer est une leçon de taille dans une industrie (les médias, la data, la pub), où l’on modèle chaque jour les paradigmes de demain. Rappelons qu’il a fallu 7 semaines de travail pour enregistrer Bohemian Rhapsody, et souvenons-nous que le talent exige également une gigantesque dose de travail.

    C’est le peuple qui fait les rois (et les reines)

    Queen fascine toujours. La comédie musicale We Will Rock You a vu défiler 6,5 millions de spectateurs en 4600 représentations. On a oublié que Queen fut porté par les fans, contre l’establishment du Rock qui dénigra le groupe à ses débuts. Des chansons comme We WillRock You, We are the Champions, sont des hommages au public qui porta le groupe contre vents et marées, et communia dans les concerts. Des messes dans des stades, encore de la nouveauté dans les formats, mais surtout des expériences qui ont marqué des générations.

    Queen était un groupe populaire, dans tous les sens du terme. Le groupe avait une relation horizontale avec le public, le faisait participer au concert, comme un seul homme. L’échange artistique et émotionnel était profond. Ni les excentricités vestimentaires et capillaires du groupe, ni l’homosexualité de Mercury ne furent un problème, à une époque où des lois conservatrices, abolies dans les années 2000, renforcèrent l’isolement des personnes LGBT en Grande-Bretagne. La sincérité de la proposition créative rencontre toujours son public à condition d’être juste. Peut-être la leçon la plus importante.